Les gestes qui restent
À Ham et dans les communes voisines de la Somme, les traces du monde ouvrier et agricole traversent encore les paysages et les vies quotidiennes. Derrière les façades des anciennes cités ouvrières, dans les jardins maraîchers des Hardines, les ateliers de métallurgie ou les pierres de l’église abbaye restaurées par de jeunes apprentis, des femmes et des hommes continuent de faire vivre des savoir-faire hérités d’autres générations.
Pendant plusieurs mois, j’ai photographié d’anciens ouvriers de la sucrerie d’Éppeville — autrefois l’une des plus grandes d’Europe —, des imprimeurs, des maraîchers, des formateurs et des apprentis. Tous portent une mémoire du travail, mais surtout une manière de transmettre : un geste, une posture, un outil, une histoire familiale, une relation au territoire.
Cette série ne cherche pas à raconter un monde disparu avec nostalgie. Elle s’intéresse plutôt à ce qui persiste : des gestes répétés, des lieux habités, des objets conservés, des regards tournés vers ceux qui apprennent aujourd’hui. Entre portraits, paysages et fragments du quotidien, ces photographies dessinent le portrait d’un territoire où la transmission continue d’exister malgré les fermetures d’usines et les transformations du monde du travail.
Dans cette circulation entre générations, le patrimoine ouvrier n’apparaît plus comme une mémoire figée, mais comme une présence encore vivante.
Un travail, fruit d’une résidence photographique dans la ville de Ham (Somme)




































































