Saigon skating

Dans ce pays communiste à la ligne idéologique encore autoritaire, l’influence de la culture occidentale, notamment urbaine, n’est pas toujours vue d’un bon œil. Mais signe de l’émancipation des mœurs depuis dix ans, la police ferme les yeux lorsque les skaters investissent un trottoir ou les vastes espaces urbains des quartiers chics qui fleurissent désormais à Saigon. Le seul skatepark de la mégalopole est déjà vieillissant 5 ans après son ouverture. Les skaters trouvent qu’il n’est pas adapté à leur pratique et doivent le partager avec des patineurs à roulettes, des scooters et des cyclistes Bmx. Thong, 27 ans, l’un des plus anciens adeptes et qui a ouvert le seul skate shop, rêve d’ouvrir son propre skatepark d’ici 3 ans.

Pas de pipe, pas de piscine, à peine un skatepark. A Saigon (Vietnam), le skateboard se pratique comme aux origines, dans la rue. Et pourtant, skater au milieu du flot de motos et de voitures est impensable. Quant aux trottoirs, ils sont le plus souvent défoncés et impraticables. Les « spots » sont donc rares.

Autre signe d’émancipation : les corps se libèrent. Les nombreux tatouages qui parcourent les corps exultent le désir trop souvent refoulé de se révéler. Un bouillonnement plus personnel qu’une forme de rébellion contre le système en place où les formes de contestation peinent à se faire entendre. On préfère plutôt surfer sur la mondialisation dans un pays qui a libéralisé son économie. Les cultures urbaines n’y échappent pas et les grandes marques ont su s’imposer, allant jusqu’à organiser l’ensemble de la vie événementielle et culturelle. Sans elles, pas de « contest » ou de concert possible !

Mais l’envie de rider, de se libérer et de sortir du carcan trop rigide d’une société aux traditions familiales bien établies, est là. Let skate !

  • Thong, 27 ans, rejoint ses copains skaters sur l'un des spots urbains de la ville. Il est l'un des premiers skaters de Hô Chi Minh-Ville et il a ouvert la seule boutique de skate de la ville.
error: Content is protected !!