News Vérité pour Adama Black Lives Matter Reportages Opération or sale Les gardiens de l'eau
(London)Derry calling (London)Derry calling
Pionnier bio Vent de glisse à Saïgon Le front de l'air est rouge L'académie des pieds nus Sida, une vie de survivance Séries Le tram du littoral Đổi mới Little New Saigon Japan street sight Portraits Bloody Sunday Act Up, toujours debout L'art de militer Serviteurs du funéraire Multimédia Happy New Year Vietnam ! Tag ma vie avec le VIH Sida, une vie oubliée Publications A propos Contact

Vent de glisse à Saïgon

 

Pas de “pipe”, ni de “pool”, à peine un skatepark. A Saïgon (Vietnam), on pratique le skateboard comme aux origines, dans la rue. Et pourtant, skater au milieu du  flot de motos et de voitures est impensable. Quant aux trottoirs, ils sont pour la plupart défoncés et impraticables. Alors les “spots” sont rares.

Dans ce pays communiste à la ligne idéologique toujours autoritaire, on ne voit pas toujours d’un bon oeil l’influence de la culture occidentale, notamment des cultures urbaines. Mais signe de l’émancipation des moeurs depuis une dizaine d’années, la police ferme les yeux quand les skaters investissent un trottoir ou les vastes espaces urbains des quartiers huppés qui désormais  fleurissent à Saïgon. Le seul skatepark de la mégalopole est déjà vieillissant 5 ans après son ouverture. Les skaters trouvent qu’il n’est pas adapté à leur pratique et doivent le partager avec les adeptes du roller, de la trottinette et du vélo Bmx.  ong, 27 ans, un des plus anciens adeptes et qui a ouvert la seule boutique de skate, rêve d’ouvrir son propre skatepark d’ici 3 ans.

Autre signe d’émancipation: les corps se libèrent. Les nombreux tatouages parcourant les corps exultent l’envie trop souvent réprimée de se révéler. Un bouillonnement plus personnel qu’une forme de rébellion face au système en place où les formes de protestations peinent à se faire entendre. A cela, on préfère surfer sur la mondialisation dans ce pays qui a libéralisé son économie. Les cultures urbaines n’y échappent pas et les grandes marques ont su s’implanter, jusqu’à organiser toute la vie évènementielle et culturelle. Sans elles, aucun “contest” ou concert possible !

Mais l’envie de rider, de s’affranchir et de sortir du carcan trop rigide d’une société aux traditions familiales bien ancrées, est bien là. Let’s skate !

 © copyright Olivier Donnars - Tous droits réservés - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur 2020